Féminicides et dommages collatéraux, photographies de Arianna Sanesi

Arianna Sanesi - Les crimes passionnels n'existent pas - Révélateur Phocéen
Arianna Sanesi - Les crimes passionnels n'existent pas - Révélateur Phocéen

Rendre hommage aux femmes, celles qui ont disparu sous les coups et la violence des hommes. Pour ne pas oublier, la photographe Arianna Sanesi et les historiens Lydie Bodiou et Frédéric Chauvaud rapellent la mémoire de ces femmes et comment la société a évolué au fil des siècles pour en arriver au mot “Féminicide”, ce mot longtemps refusé ou dénigré.
Les éditions d’une rive à l’autre présentent le livre “Les crimes passionnels n’existent pas” sous la forme de deux cahiers reliés entre eux par la couverture cousue. Cette maison d’édition a pour vocation pour chacun de ses livres de croiser le regard d’un photographe avec les mots d’un écrivain.
Je découvre l’éditeur et le travail photo de Arianna Sanesi grâce à ce livre !

On commence le livre par le cahier consacré au texte, c’est une entrée en matière par l’histoire de ces femmes avec l’évolution du mot “féminicide” au fil des années jusqu’à aujourd’hui avec le mouvement #metoo. Des textes faciles à lire donnent des chiffres hallucinants sur les violences faites aux femmes à travers le monde et à la reconnaissance que la justice a donné au fil des procès, ça fait froid dans le dos… Arianna Sanesi accompagne ces textes de quelques photographies, des objets en relation avec des féminicides, des objets du quotidien : Un casque, “pendant qu’Annamaria se faisait assassiner, sa fille n’a rien entendu, enfermée dans sa chambre, écouteur sur les oreilles”. La coupe du monde, “Le mari de Cristina l’a assassinée ainsi que leurs deux enfants avec de se rendre au bar local pour regarder la finale de la coupe du monde.”…

Arianna Sanesi - Les crimes passionnels n'existent pas
© Arianna Sanesi
Arianna Sanesi - Les crimes passionnels n'existent pas
© Arianna Sanesi

Le ton donné par ces écrits, on passe au deuxième cahier consacré au travail photo de Arianna Sanesi, photographe italienne basée à Paris. La photographe avait commencé ce travail en Italie en 2015, elle se rendait chez des familles endeuillées par la perte d’une fille, d’une sœur,… mortes parce qu’elle étaient des femmes. Elle photographie des objets, des membres de la famille, des portraits… pour ne pas oublier ces femmes.
Contrairement aux images du premier cahier, ces photographies sont plus sombres, le contraste est poussé et la frontière entre clair et obscure est plus fort comme pour rappeler la douleur et l’isolement de ces femmes et de ces familles… La photographe a gardé une certaine distance avec les personnes photographié, les cadres sont travaillé de façon à ne pas individualiser les images, chaque photo se mêle et se complète avec la suivante.

Les crimes passionnels n’existent pas” est le fruit de la rencontre entre Arianna Sanesi et des historiens Lydie Bodiou et Frédéric Chauvaud, le troisième de la jeune maison d’édition, D’une rive à l’autre, basée à Paris.

Les crimes passionnels n’existent pas, il n’y a que des féminicides. Le mot “féminicide” a su entrer dans les mœurs par le combat de ces femmes à travers le monde. Leur combat contre ces violences n’est pas terminé…

Vous pouvez acheter le livre ici : “Les cimes passionnels n’existent pas” – Arianna Sanesi

Video de l’éditeur ici

Éditeur : D’une rive à l’autre
Pages : 144
Format : 17 x 24 cm
Couverture : Souple

Laisser un commentaire